J’ai bien tenté de me dire, « allais, on s’en fout de ce que tu as à leur dire, on s’en fout du Canada… ». Puis un soir, en lisant un articles traitant de l’industrie alimentaire mondiale où j’ai lu que le Canada, ce pays de libertés où tout est encore possible était un pays qui maintient des frontières douanières très lourdes sur le fromage étranger, je me suis dit : « tiens, c’est vrais, je le paye 4.38€ mon Caprice des Dieux à 1.50€ en Belgique….
C’en était trop, je ne pouvais plus me taire. Etre le témoin silencieux de toute cette merde qui m’entoure, je n’en peux plus, je n’en veux plus.Tout à commencé quand je suis arrivé pour la troisième fois à l’aéroport international de Dorval, Montréal, ce jour là, l’agent des frontières comme il faut les appeler ici m’a demandé si j’étais ici pour longtemps ou pour quel motifs ? « Le tourisme Monsieur… , pas longtemps, tracasse pas, ton paradis, j’y reste pas… ». Un rapide coup d’œil à ce grand hall me donna rapidement le tournis. De longues rangées de comptoirs douaniers, une banderole électronique qui nous explique, au cas où on se croirait arriver à Disney land qu’ici c’est Disney Canada, un pays où tout est permis sauf ce qui ne l’est pas…
Et puis les drapeaux, tiens, y en a deux, le Canadien, rouge, fier, et le Québécois, bleu, très fier. Etrange, un pays, deux drapeaux. Deux solitudes dit on ici.
De toute façon, au cas où tu ne comprendrais pas qu’ici c’est l’Amérique, tout à l’heure dans l’avion, j’ai rempli mon formulaire de déclaration douanière : j’ai bien mentionné que je n’amenais que deux bouteilles de vin. A la case « Allez vous faire une concurrence déloyale à la Société Monopolistique Provinciale des Alcools du Québec ? », j’ai répondu, « non, je bois très peu, juste deux bouteilles… »
Une fois le stress de ce contrôle poussé mais sympathique, tiens, y a déjà un comptoir « immigration » situé juste à côté des douanes. Waah, c’est bien fait ici, déjà à l’aéroport, au cas où en voyant le ciel et la couleur des murs de l’aéroport tu te dis : ça y est j’émigre ici, tout est là : comptoirs et encore des agents. Cette fois, ce sont les agents de l’immigration.. Pas de doute, avec des comptoirs si beaux, si neufs et si modernes, le business de la présélection naturelle de l’émigrant doit fonctionner à plein régime..
Qu’à cela ne tienne, je suis arrivé. Un vol des plus confortables m’amène au paradis, pourquoi s’attacher à des détails, c’est sans doute qu’ici tout est plus propre, plus organisé, bref, mieux qu’en Europe. Tiens, mieux qu’ailleurs dans le monde va ! Puis ici c’est un peu l’Amérique après tout, et l’Amérique, c’est mieux que tout ! Donc, je suis au « mieux qu’ailleurs land », autant en profiter !
J’avais cru le remarquer déjà dans l’avion, une petite madame faisait la causette à un compatriote à moi en lui disant « Ma fille vit à Los Angele et mon fils lui a vécu en France mais il est revenu, à présent il vit à Charlevoix, c’est moins stressant qu’à Paris » Ben oui, Charlevoix, Paris, il a raison le fils de cette charmante dame, faudra que j’y aille à Charlevoix tiens, elle a raison, ça me semble bien comme patelin, y a justement des images de ce patelin qui défilent sur la vidéo : « Waah le paradis… »
Tiens, mais pourquoi elle a dit Los Angele, je connais pas moi. Je connais bien Los Angeles, mais alors Los Angele.. Et les Etats, c’est quoi ces fameux Etats dont elle a fait allusion en les dénigrant ?...
Mystères et étrangetés qu’il me faudra éclaircir..
11.09.2006
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